Permaculture

I- Introduction

Dessin Céline Molina (Illustratrice/Facilitatrice Graphique) – Voix : Robin Thouilleux (Praticien/intervenant permaculteur) 
Source : https://vimeo.com/showcase/6519405/video/400891926?fbclid=IwAR34wfTecdGrKjj8_Mhy_fVq2Zmk8pKIVw94dActCv1zDxvExNTtYW0bZZc

La permaculture est une philosophie de vie holistique fondée par Bill Mollison et David Holmgren. Elle reprend différents domaines de la vie pour les interconnecter grâce à trois éthiques (Prendre soin de la terre, prendre soin de l’humain, partager équitablement) et douze principes (cf. ci-dessous). Son étymologie provient initialement des termes « Agriculture » et « Permanente » (= de l’anglais Permanent Agriculture). Elle était basée sur le fait que l’agriculture conventionnelle appauvrit les sols et va à l’encontre de la nature.

 

BD création humus
Source : Smicval

Son étymologie a ensuite évolué pour « Culture Permanente » (= en anglais, Permanent Culture) pour élargir la permaculture non plus à l’agriculture mais également à l’éducation, à la spiritualité, aux finances etc.

 

Fleur Permaculture

 

II- Principes de la permaculture

Principes et éthiques permaculture
Principes et éthiques permaculture

Réagir de manière créative

La nature est imprévisible, les saisons, le climat, les différentes espèces font que malgré toute la théorie que nous aurons pu lire des livres de jardinage, la meilleure solution est la pratique. Malgré tout, nous ferons forcément face à des imprévus et certains résultats peuvent paraître insatisfaisants. Il ne faut pas se décourager. Il faut réfléchir et rebondir de manière créative pour trouver une solution.

Observer et interagir

La permaculture amène à agir après (et seulement après) avoir bien observer la nature.

Stocker l’énergie

La définition de l’énergie en permaculture est très large. L’eau est une énergie qui permet d’arroser les plantes, un compost chauffe et produit de l’énergie que nous pouvons utiliser pour planter à proximité des espèces ayant besoin de chaleur, une serre permet d’augmenter l’énergie solaire fournit aux plantes. Il est important d’avoir conscience de ces énergies pour apprendre à les stocker ou les rediriger à bon escient (ex : stocker l’eau de pluie dans un espace central pour irriguer l’ensemble du potager).

Lancer une production

La permaculture a pour objectif de créer une production. Cette production peut-être des fruits, des légumes, des œufs, de la viande, du lait mais également des connaissances et des savoirs faire.

Appliquer l’auto-régulation / Accepter la rétroaction

De base, la nature n’a pas besoin de l’homme. La permaculture c’est accepter que la nature prenne sa place et se débrouille seul. Cela n’empêche pas que nous pouvons entretenir légèrement (et non comme les jardins à la Française) nos jardins. Il faut également accepter de faire des erreurs pour revenir en arrière.

Favoriser les ressources renouvelables

La notion de ressources renouvelables est très vaste en permaculture. Il y a tout ce à quoi nous pensons comme l‘utilisation de l’énergie solaire au dépend des énergies fossiles par exemple.  Mais un arbre fruitier peut aussi être vu comme une ressource renouvelable car il fournit de nombreux produits. Il fournit tout d’abord, des fruits, qui eux même fournissent des graines qui peuvent être replantées. Mais l’arbre fournit également du bois pouvant servir pour de multiples usages. Il fournit de l’ombre pouvant servir à abriter des plantes demandant une faible exposition solaire. Une ressource renouvelable c’est aussi une connaissance qui peut se transmettre sans être perdu par la personne qui la partage.

Pas de déchets

Dans la nature il n’y a pas de déchet. En permaculture, c’est la même chose. Un trognon de pomme peut être décortiqué pour en extraire les graines pour être replanté par la suite. Il peut également servir à être revalorisé en étant mis dans un composteur. Il peut aussi servir à nourrir les poules.

Des structures d’ensemble vers le détail

Pour avoir une vision globale de son jardin, il faut d’abord planifier les différents éléments (cf. design ci-dessous) et effectuer un zonage (cf.zonage ci-dessous). Ensuite, il est possible d’aménager son jardin à différentes échelles (ex : aménager les zones, puis positionner les différents éléments et enfin choisir les différentes espèces de fleurs)

Intégrer plutôt que séparer

Une vision globale de son jardin permet de relier chaque élément qui peuvent tous se servir les uns des autres. Aucun élément ne doit avoir qu’une seule utilité. Ex : Le potager permet de nourrir les hommes et les déchets du potager peuvent nourrir les poules qui elles mêmes vont pouvoir nourrir le potager après avoir mélangé leurs excréments à de la paille.

Patiemment à petite échelle

Avec la nature il faut savoir être patient pour agir « Doucement mais sûrement ». Cela ne sert à rien de vouloir transformer tout de suite à grande échelle son jardin (surtout si nous n’avons pas de connaissances). Il faut savoir expérimenter à petite échelle pour ensuite élargir son champ d’action.

Favoriser la diversité

Seul l’homme a inventé des espaces où sur plusieurs hectares il y n’a qu’une seule espèce de plantes (ex : maïs). Dans une forêt, il y a plusieurs espèces qui s’entremêlent, coopèrent et vive en harmonie. Le fait d’avoir différentes espèces mais d’un même plant (ex : plusieurs espèces de tomates) fait que cela limite la propagation d’une maladie qui ne touchera qu’un seul type d’espèce.

Valoriser les bordures

Il existe des échanges très importants entre deux espaces (ex : zones en herbes et potager). Plus nous créons des espaces différents, plus il y aura des échanges dans notre système car les espèces de ces espaces cohabitent et profitent des unes des autres. La productivité est donc augmentée.

III- Le design et le zonage en permaculture

Le zonage en permaculture est important. Les permaculteurs sont parfois vus comme feignants. Mais les permaculteurs préfèrent dire qu’ils économisent leurs énergies. Pour cela, le zonage permet de rapprocher les espaces demandant un maximum d’entretien et d’éloigner ceux qui en demandent moins.

Exemple de design et de zonage :

Design et zonage permacutlure
Design et zonage permaculture Source : http://millefeuilles.eklablog.fr/le-zonage-en-permaculture-le-zonage-a-la-ferme-a125353812

 

IV- La notion de besoins et de produits

Besoins et produits
Besoins et produits

Une notion importante en permaculture c’est le schéma besoins/produits.

Exemple :

Chez moi j’ai un potager, un récupérateur d’eau de pluie et une cabane dont je ne me sers plus trop.

Je peux installer un poulailler dans la cabane car mes poules ont besoin d’un abri. Je vais pouvoir leur donner à manger les restes de mes repas. Et elles vont pouvoir boire l’eau que j’ai stocké grâce au récupérateur d’eau de pluie. En échange elles vont me donner des œufs et de la viande. De plus, leurs excréments vont pouvoir être mélangés à de la paille pour me servir de fumier qui va nourrir les plantes de mon potager.

En appartement on peut également faire de la permaculture.

Exemple :

Je souhaite développer l’entraide et la solidarité de ma famille. Je vais pour cela demander à chacun ce qu’il est capable de donner aux autres membres de la famille et ce dont il a besoin. Nous pourrons ainsi voir comment répondre à nos besoins au sein de la famille (ex : mon père est menuisier et moi étudiant en communication. Il a besoin d’un site internet pour vendre ses services et moi j’ai besoin d’apprendre à faire quelque chose de mes mains.  Je vais lui créer un site internet en échange de quoi il me partagera ses connaissances en menuiserie). Je peux également développer des activités de bien-être (méditation, yoga), un service d’entraide entre voisin ou une coopérative d’achat de produits bio et locaux au sein de mon bâtiment.